Leçon de Prince
| Ce matin, je suis tombée sur un bouquin qui traînait. Vous connaissez ? Il y a un passage qui m'a bien plu, et que j'ai envie de vous lire. Il parle du Petit Prince qui apprivoise le renard. - Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ? - C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ca signifie "Créer des liens..." - Créer des liens ? - Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. [...] S'il te plait... apprivoise-moi ! dit-il. | | |
| - Je veux bien, répondit le Petit Prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître. - On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi ! | |
| - Que faut-il faire, dit le Petit Prince ? - Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'asseoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça. Je te regarderai du coin de l'oeil, et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendu. | | |
| Mais chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...[...] Si tu viens, par exemple, à à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. [...] Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux. | |
| Avant j'en avais peur. Aujourd'hui, j'ai apprivoisé l'herbe. Ou peut-être est-ce l'inverse... | | |
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