Cohabitation
| Quand je suis née, Vic me snobait totalement. Elle passait à côté de moi, hautaine, et ne daignait même pas abaisser son museau pour renifler mon odeur. Un beau jour, me voyant gigoter, elle s'est enfin mise à s'apercevoir de ma présence, mais je voyais bien dans son regard que je n'étais pas plus intéressante qu'un bibelot. Puis elle a décrété que ma chambre et mon tapis d'éveil étaient son territoire, ce qui ne plaisait pas trop à ma maman qui devait faire la chasse aux poils. Elle s'est aussi aperçue que si elle s'approchait trop près de moi, je pouvais refermer mes petites mains sur sa fourrure, et me retrouver avec une touffe de poils dans la menotte. Elle n'a pas trop apprécié l'expérience, mais du coup elle a bien été obligée de tenir compte de ma présence, et elle s'est mise à m'observer de loin. Pour la faire fuir, il suffisait que je me mette à pleurer, et là, il n'y avait plus personne, madame était partie de réfugier en des sphères plus calmes. C'était rigolo (surtout pour moi) ! Elle a commencé doucement à m'accepter dans son environnement, sur son territoire, car elle venait veiller sur mon sommeil la nuit. Elle s'installait sur mon tapis ou sur ma commode, et elle me tenait compagnie. Endormie, je devais lui paraître beaucoup plus inoffensive qu'éveillée ! Depuis quelques semaines, j'ai pu constater une nette progression dans nos relations, puisque Vic se laisse désormais approcher. Elle ne fuit plus dès qu'elle me voit accourir vers elle, elle reste à côté de moi, stoïque, se contentant de m'observer du coin de l'oeil pour s'assurer que je ne vais pas lui tomber dessus, et à condition d'avoir une position de repli au cas où la situation échapperait à son contrôle. Et le must du must : lorsque je suis assez rapide, j'arrive même à lui attraper la queue ! Allez, encore quelques mois et je serai sa grande copine ! |
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